Ah, Escale à Sète, quelle aventure ! On s’imaginait voguer fièrement entre les quais, le vent dans les voiles et le soleil dans le dos… et c’est finalement  à l’aviron face aux éléments que nous nous sommes déplacés dans les canaux!

Heureusement, la navigation autour des voiliers valait à elle seule le détour : de véritables bijoux flottants, plus élégants les uns que les autres. Certains semblaient tout droit sortis d’un film d’aventures, d’autres d’un musée — et nous, quelque part entre les deux, à siroter le café (ça dépend de l’heure) en attendant que le vent tombe.

L’étang de Thau ? Eh bien, disons qu’il a fallu le traverser pour se rendre à Sète, à partir de Ballaruc ou nous avions mis à l’eau les embarcations. Navigation au grand largue, avec 25 nœuds derrière, et juste la misaine établie car on arrive vite à 5 nœuds, pour embouquer le canal et démâter pour passer sous les ponts. N’oublions pas un courant de 2/3 nœuds qui nous pousse dans la bonne direction mais « Attention » pas de demi-tour possible.

Ces rafales de vent ont surtout servi à tester notre patience et notre amour de la météo marine. Impossible de prendre le large comme prévu, alors nous avons étrillé nos manœuvres dans les bassins, histoire de prouver qu’on savait encore s’amuser et faire de la belle manœuvre…
Malgré ces aléas, l’ambiance est restée au beau fixe : rires, partage et un peu de mauvaise foi font souvent bon ménage.
Les points forts de notre petit rassemblement voile aviron, ont pu rythmer notre activité partagée entre le défilé des équipages, en tenue d’apparat, la découverte du musée de l’étang de Thau, un repas des équipages sous les pins du Centre nautique de Manuréva qui nous a accueilli avec beaucoup de gentillesse, et une dégustation d’huitres de Bouzigues toujours aussi réussie.
Le samedi une épreuve de la « fille du capitaine » sur la Goélette Etoile, nos équipages vêtus de leur plus belle tenue d’époque a marqué notre passage, au sein de la fête, et ravi le public à bord de l’Etoile.

Au final, on est repartis soulés par le vent, mais avec le sentiment d’avoir vécu une belle édition d’Escale à Sète.

Dominique Chaignon – JEMVAR